Le Jour de la nuit

Le Jour de la Nuit est une opération de sensibilisation à la pollution lumineuse, à la protection de la biodiversité nocturne et du ciel étoilé.

Au programme :
balades nocturnes ;
observations des étoiles ;
sorties nature et
extinctions des lumières.
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Des epoirs énergétiques ?...

La 6ème édition du Jour de la Nuit coïncide avec un agenda politique particulièrement orienté vers les questions énergétiques et plus globalement sur les enjeux climatiques mondiaux.


La 6ème édition du Jour de la Nuit coïncide avec un agenda politique particulièrement orienté vers les questions énergétiques et plus globalement sur les enjeux climatiques mondiaux.

Le projet de loi de programmation pour la transition énergétique, adopté en Conseil des Ministres et examiné au Parlement dès le 1er octobre, fixera la politique énergétique de la France d’ici à 2030 et 2050. Considéré comme l’un des grands chantiers du quinquennat de François Hollande, ce texte de loi est l’occasion de respecter les engagements présidentiels. Les enjeux sont nombreux et les mesures législatives qui seront mises en place devront répondre aux attentes afin d’être cohérentes et exemplaires ; d’autant plus que Paris accueillera en 2015 la Conférence des Parties (COP21) de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques.

Changement climatique — l’état des connaissances scientifiques from Globaïa on Vimeo.

fleche La nuit et le changement climatique :

L’impact du changement climatique a des conséquences encore trop peu médiatisées sur la nuit. En effet, les températures nocturnes, selon une étude de l’université de Nouvelle-Galles du Sud en Australie, auraient subi une augmentation moyenne mondiale de 3°C au cours des 60 dernières années. Ceci révèle un fait inquiétant car les nuits seraient alors plus impactées par le changement climatique que les jours. La biodiversité nocturne est donc la premières concernées par ces perturbations. En effet, les scientifiques observent une corrélation entre des nuits plus chaudes et des altérations des cycles biologiques des végétaux, des animaux à sang chaud (activité plus forte) et des animaux à sang froid (perturbation du sommeil).
Le caractère énergivore de la pollution lumineuse démontre donc des conséquences autres que les nuisances liées au sur-éclairage. Selon une étude de 2013 du Programme des Nations unies pour l’environnement, l’éclairage représente 15% de la consommation mondiale d’électricité et 5% des émissions de gaz à effet de serre (GES). Tout l’enjeu repose donc sur les préoccupations internationales vis-à-vis du changement climatique qui ne peuvent omettre l’impact d’une consommation énergétique inutile la nuit.

fleche La COP 21 :

Alors que le 5ème rapport du GIEC (Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat) sur les changements climatiques et leurs évolutions futures a été rendu public en avril, la France se prépare à accueillir la COP 21 au Bourget à Paris l’année prochaine. La conclusion de ce rapport est sans appel : « Les activités humaines, notamment l’usage des énergies fossiles, a conduit à une hausse exceptionnelle de la concentration des gaz à effet de serre. Ces gaz à effet de serre transforment le climat à un rythme jamais vu par le passé ». Parmi les quatre scénarios d’émission plus ou moins pessimistes émis par le GIEC, seulement un permettrait de maintenir la hausse des températures sous le seuil des 2°C. Un véritable challenge car la communauté internationale doit alors réduire ses émissions de GES de 10% par décennie !

C’est à partir de ce dernier scénario que les représentants du gouvernement devront notamment se baser lors des négociations climatiques. L’objectif pour « Paris Climat 2015 » est alors d’aboutir à un accord contraignant sur le climat par un engagement de l’ensemble des pays de façon différencié. Afin d’obtenir ce consensus lors de la COP 21 du 30 novembre au 11 décembre 2015, la France se doit d’être exemplaire en se donnant les moyens de rassembler l’ensemble des pays de la planète autour de ce défi climatique.

fleche Le projet de Loi de Programmation pour la Transition Énergétique :

Porté par Ségolène Royale, le projet de loi relatif à la transition énergétique pour la croissance verte a pour objectif de faire baisser la facture énergétique française et plus globalement de lutter contre le changement climatique. Après avoir été adopté en Conseil des Ministres en juillet, il devrait être débattu à l’Assemblée nationale à compter du 1er octobre.

Les propositions énergétiques de ce texte regroupent de nombreux objectifs chiffrés afin de réduire les émissions de GES de 40% de 1990 à 2030 :
-  Réduire la consommation énergétique finale de 50% en 2050 par rapport à 2012 ;
-  Réduire la consommation des énergies fossiles de 30% entre 2012 et 2030 ;
-  Réduire la part du nucléaire à 50% de la production d’électricité contre 75% actuellement.

Ces objectifs généraux sont en réalité insuffisants afin d’atteindre en 2050 le facteur 4 – engagement de la France pris en 2003 de diviser par quatre ses émissions de GES (par rapport au niveau de 1990). De plus la mise en place d’un plafonnement de la capacité nucléaire à 63,2 gigawatts n’implique pas une remise en cause de notre modèle énergétique basé sur le nucléaire : « C’est grâce à l’énergie nucléaire aujourd’hui, à la sécurité qu’elle apporte que nous pouvons accélérer et faire sereinement la transition énergétique » - Ségolène Royal.

Bien que certaines mesures sont prévues pour favoriser le développement du renouvelable d’ici à 2030 (passer à 32% dans la consommation et 40% dans la production), nous pouvons regretter le manque de moyens proposés afin d’assurer une réelle transition énergétique de la France. En effet, alors que le gouvernement vient d’enterrer le projet de fiscalité écologique de l’écotaxe poids lourds, l’application de loi de transition nécessiterait un budget de 10 milliards d’euros en trois ans. Un chiffrage financier global ne détaillant aucunement, projet par projet, comment parvenir à une application concrète des objectifs généraux. Tout l’enjeu de la stratégie nationale devant passer par une application territoriale de la décentralisation énergétique afin de s’exprimer au mieux à travers les Plans climats énergie territoriaux (PCAET). Compte tenu de l’agenda politique cette loi ne pourra être votée qu’au printemps 2015. La transition énergétique c’est pour aujourd’hui ou pour demain ?...

Plus d’infos :
Changements climatiques : comprendre et réagir (ici). Comprendre le rapport du GIEC : http://leclimatchange.fr/
Dossier Transition Énergétique : http://www.actu-environnement.com/d...